Le SNIPAT (Syndicat National Indépendant des Personnels Administratifs, Techniques et Scientifiques de la Police Nationale) est créé en 1949, ce qui en fait le plus ancien syndicat du ministère de l’Intérieur. Il émerge dans un contexte d’après-guerre marqué par la reconstruction des institutions et la structuration du mouvement syndical en France, notamment après la Libération et la refondation de la CGT en 1945-1946.
La période est marquée par des scissions et des recompositions syndicales, notamment la division de la Fédération Syndicale Mondiale (FSM) en 1949, où les syndicats américains, britanniques et néerlandais se retirent en raison de désaccords sur le plan Marshall et l’influence américaine en Europe. Cette période voit aussi la montée de l’autonomie syndicale, avec des organisations cherchant à s’affranchir des tutelles politiques ou idéologiques ( Wikipédia – Chronologie du syndicalisme en France).
Les années 1945-1950 sont aussi celles de la reconstruction du service public et de la fonction publique, avec des débats sur la place des syndicats dans l’administration, notamment après la création du statut général des fonctionnaires en 1946.
onnels sont souvent considérés comme des « soutiens » plutôt que comme des acteurs à part entière de la sécurité publique. Les fondateurs du SNIPAT, issus des rangs administratifs, techniques et scientifiques, partagent une conviction : la nécessité de créer une structure capable de porter leurs revendications spécifiques.
Le contexte syndical de l’époque est marqué par des tensions idéologiques. La Confédération Générale du Travail (CGT), dominée par le Parti Communiste Français (PCF), et Force Ouvrière (FO), scindée de la CGT en 1947, s’affrontent sur la question de l’autonomie syndicale. Le SNIPAT, dès sa création, choisit une voie différente : l’indépendance. Ni affilié à la CGT, ni à FO, le syndicat se veut apolitique, centré sur les intérêts professionnels de ses membres.
Un statut à conquérir pour les PATS
En 1946, le statut général des fonctionnaires est adopté, posant les bases d’un cadre commun pour l’ensemble des agents de l’État. Cependant, les PATS du ministère de l’Intérieur restent en marge de ce dispositif. Leurs métiers, souvent techniques ou scientifiques, ne bénéficient pas de la même reconnaissance que ceux des policiers en uniforme. Les grilles indiciaires sont moins avantageuses, les perspectives de carrière limitées, et les conditions de travail parfois précaires.
C’est dans ce contexte que le SNIPAT voit le jour. Son premier combat : obtenir une reconnaissance officielle des PATS comme une catégorie à part entière, avec des droits et des avantages spécifiques. Les archives du ministère de l’Intérieur, notamment les dossiers de la Direction Générale de l’Administration et de la Fonction Publique, attestent de l’implication précoce du syndicat dans les négociations statutaires dès 1952 (source : FranceArchives).
Dans les années 1950, le SNIPAT s’engage dans ses premiers combats
Dès sa création, le SNIPAT se fixe trois priorités :
- L’amélioration des salaires : les PATS sont souvent moins bien rémunérés que leurs collègues policiers.
- La clarification des statuts : beaucoup de métiers techniques et scientifiques n’ont pas de cadre juridique précis.
- La reconnaissance professionnelle : les PATS doivent être considérés comme des acteurs essentiels de la police nationale.
Les archives de la Bibliothèque nationale de France confirment l’activité du syndicat en 1957, avec des traces de ses interventions dans les débats sur la fonction publique (source : BnF).
Le SNIPAT dans le paysage syndical : entre indépendance et collaborations
Dans les années 1950, le paysage syndical français est marqué par des rivalités entre la CGT, FO, et d’autres organisations. Le SNIPAT, en choisissant l’indépendance, évite les clivages politiques et se concentre sur les enjeux professionnels. Cependant, cela ne l’empêche pas de collaborer ponctuellement avec d’autres syndicats, notamment sur des questions communes comme la défense du service public.
Les mouvements syndicaux de 1949 à 1959 sont également marqués par des grèves et des revendications dans la fonction publique. Le SNIPAT participe à cette dynamique, tout en défendant les spécificités des PATS. Par exemple, les archives mentionnent des interventions du syndicat pour la revalorisation des grilles indiciaires et l’amélioration des conditions de travail dans les laboratoires de police scientifique (source : Wikipédia – Chronologie du syndicalisme en France).
La décennie 1950-1959 : structuration et enjeux
Dès sa création, le SNIPAT s’inscrit dans une dynamique de représentation des personnels administratifs, techniques et scientifiques (PATS) du ministère de l’Intérieur. Il se distingue par son indépendance et sa volonté de défendre les intérêts spécifiques de ces agents, souvent en marge des grands syndicats de police.
Les archives du ministère de l’Intérieur mentionnent des dossiers de coordination statutaire dès 1952, ce qui suggère que le SNIPAT a rapidement été impliqué dans les négociations sur les statuts et les conditions de travail des PATS (FranceArchives – Police nationale).
La décennie 1950 est marquée par une activité syndicale intense, avec des grèves et des revendications dans la fonction publique, notamment pour l’amélioration des conditions de travail et des salaires. Le SNIPAT, bien que moins médiatisé que les grands syndicats de police, participe à cette dynamique en défendant les spécificités des PATS.
La Bibliothèque nationale de France conserve des traces du syndicat dès 1957, confirmant son existence et son activité dès les premières années (BnF – Syndicat national indépendant des PATS).
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